Le Château de Bricquebec
Comme le révèle l'étymologie
de son nom, les origines de Bricquebec (du scandinave bekkr, cours
d'eau, précédé de brekka, la pente) se rattachent
à l'épopée des envahisseurs vikings, très
solidement implantés en Cotentin au début du X°
siècle.
La tradition attribue la fondation du château au scandinave
Anslech, proche du Duc de Normandie, Guillaume Longue-Epée.

La constitution de cette grande
baronnie s'inscrivait alors dans une politique ducale, visant à
asseoir le contrôle de territoires acquis de fraîche
date, par l'entremise de grands féodaux. Le Cotentin, région
semi-insulaire rattachée plus tardivement au duché
que le reste de la Normandie (en 933) demeurera en effet longtemps
jaloux de son indépendance.
D'Anslech serait issue la longue lignée des Bertran, succession
de loyaux chevaliers dont le nom est inscrit à chaque chapitre
majeur de l'histoire du duché. Robert Ier Bertran, dit "le
tort" ("le boiteux"), figure au rang des barons qui,
en 1066, accompagnent Guillaume le Conquérant à la
conquête de l'Angleterre. Son fils, Robert II, est réputé
avoir participé en 1096 à la prise de Jérusalem
lors de la première Croisade. Peu après l'annexion
de la Normandie par Philippe Auguste, en 1204, les Bertran rendaient
hommage au roi pour une quinzaine de fiefs nobles relevant de leur
baronnie de Bricquebec.
Robert VII Bertran, élevé
à la dignité du maréchal de France, joua un
rôle important durant la période troublée des
débuts de la guerre de Cent ans. Ayant obtenu pour son fils
la main d'une riche hértitière, il suscita la colère
d'un second prétendant à ce mariage, Geoffroy d'Harcourt,
sire de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qui par vengeance s'engagea dans
une guerre privée contre son rival. Condamné pour
ces agissements, Geoffroy d'Harcourt se réfugia binetôt
à la cour d'Angleterre et y incita le roi Edouard III à
prendre pied en Cotentin. Robert Bertran, que l'on surnomma "le
Chevalier au Vert Lion", tenta en vain de résister à
l'armée anglaise débarquée à Saint-Vaast-la-Hougue
le 12 juillet 1346.
Peu après le décès du vieux maréchal,
dont les deux fils moururent au champ de bataille, s'éteignait
une dynastie vieille de quatre cents ans.
Par mariage, le château et la baronnie de Bricquebec passent
alors à la famille Paisnel, qui possédait aussi le
château de Hambye. Livré aux exactions de la soldatesque,
soumis aux ravages de la peste et des famines, la presqu'île
du Cotentin offre, dans la seconde moitié du XIV° siècle,
le cadre à de multiples échauffourées opposant
les troupes françaises, anglaises et navarraises. Un temps
soumis au roi de Navarre, Bricquebec revient rapidement dans le
giron français et fournira au roi Charles V un précieux
atout dans sa stratégie de reconquête.
Après une brève et fragile période de paix,
la guerre reprend en1418. Bricquebec est rapidement occupé
par les troupes du roi Henry V d'Angleterre. Offert à William
de la Pole, comte de Suffolk, puis revendu par ce dernier au capitaine
Bertin Entwistle, le château reste sous domination anglaise
jusqu'en 1450. Lorsqu'en 1452 Louis d'Estouteville, le vaillant
défenseur du Mont-Saint-Michel, revient prendre possession
du château, s'annonce déjà la fin du Moyen âge.
Au début du siècle suivant, les barons de Bricquebec
abandonneront en effet l'ancienne forteresse des Bertran pour s'établir
dans leur nouvelle résidence, le Château de Galleries,
édifié suivant les préceptes de la Renaissance
italienne.
A visiter dans
le château :
- La motte
- le donjon polygonal
- la "tour de l'horloge"
- la tour du chartrier
- la crypte
- les tours circulaires
- le logis médiéval
- la tour de l'épine
- etc...
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